« Au delà des cultures et des situations, il existe une vraie solidarité entre les femmes.»

Simone Veil - Conférence du Caire 1994
Conseil général des Hauts-de-Seine

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Instruction des jeunes filles et des femmes à travers le monde, où en sommes-nous ?
Publié le 15 septembre 2021

Instruction des jeunes filles et des femmes à travers le monde, où en sommes-nous ?

Le 15 septembre 2021 se tiendra la journée mondiale de l’instruction. L’occasion de faire le point sur l’accès à l’éducation des jeunes filles sur notre planète.

 

L’éducation des enfants à travers le monde est très insuffisante. Le bilan est encore plus catastrophique lorsqu’il s’agit des filles. Ainsi, sur notre planète, 1 fille sur 5 est privée d’éducation et 1 sur 4 ne va pas à l’école dans les pays en développement, soit 64 millions de petites filles qui ont entre 6 et 14 ans. Plusieurs facteurs sociaux et géopolitiques sont à l’origine de cette situation et, malheureusement, la crise du Covid-19 a accéléré leur déscolarisation…

Des facteurs sociaux inquiétants

En 2017, l’organisation internationale one.org a classé une centaine de pays selon les conditions d’éducation des filles. Les neuf derniers pays du classement appartiennent au continent africain. Les trois pays où les jeunes filles vont le moins à l’école sont le Soudan du Sud, le Centrafrique et le Niger. Plusieurs facteurs économiques et culturels sont à prendre en compte lorsque l’on parle de l’instruction des femmes dans ces sociétés. Tout d’abord, il y a la pauvreté. Elle empêche l’accès à l’éducation mais elle n’est pas la seule cause de l’isolement des femmes. Selon Plan International d’autres facteurs entravent l’éducation des jeunes filles comme les traditions culturelles d’inégalité de genre. Plus précisément, dans certaines cultures, l’éducation des filles est obsolète puisque leur destin est de rester au foyer.

Ensuite, il y a aussi les violences à l’école, les mariages d’enfants, les grossesses précoces, l’absence de certificat de naissance, les situations d’urgence, la non-application des lois et les menstruations qui excluent les filles du système éducatif.

Les règles empêchent encore trop de jeunes filles d’étudier

Dans le monde, ce sont 500 millions de femmes qui n’ont pas les moyens de se payer des protections menstruelles ! Les règles sont donc un facteur d’inégalité fort face à l’éducation.

En Afrique, 1 fille sur 10 ne va pas à l’école parce qu’elle a ses règles. Les protections hygiéniques coûtant très cher, leur famille n’a pas le budget nécessaire pour leur en fournir.

En France, la situation était aussi très préoccupante. En effet, il a été jugé que le budget mensuel des protections périodiques de 46 % des étudiantes se situait entre 5 et 10 euros. Ainsi, afin que les jeunes filles en grande précarité ne se privent plus d’école lorsqu’elles ont leurs règles, le 23 février 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal a annoncé une grande nouvelle. Dans le cadre du budget annuel de l’Etat alloué à la précarité menstruelle (5 millions d’euros), la ministre a décidé que 1500 distributeurs de protections hygiéniques seraient installés dans les résidences universitaires, les CROUS et les services de santé universitaires. Une mesure qui est arrivée suite à une étude menée conjointement par la Fage, l’ANESF, l’Association nationale des étudiants sages-femmes, et l’Afep, l’Association fédérative des étudiants picto-charentais. Celle-ci montrait que 1 étudiante menstruée sur 10 fabrique elle-même ses protections et 1 sur 20 utilise du papier toilette…

En 2021, dans certaines sociétés, le sujet est tabou et durant cette période de menstruation les femmes sont considérées comme impures. En Afrique, les filles manqueraient jusqu’à 145 jours de plus l’école que leur camarades masculins. Pour exemple, au Sénégal, les adolescentes utilisent des tissus réutilisables en guise de protection. Une méthode qui a de nombreuses répercussions sur leur intimité. Tout d’abord l’inconfort est grand, la protection aléatoire et l’hygiène sommaire ce qui peut déclencher des infections. De fait, beaucoup préfèrent rester chez elle. En conséquence, selon un rapport de l’Unicef, 56 % des Sénégalaises indiquent qu’elles ont déjà manqué l’école pendant la période de menstruation.

Face à ce constat alarmant, de nombreuses associations se sont mobilisées. En 2017, le gouvernement kényan a adopté une loi accordant aux écolières des serviettes jetables gratuites afin de lutter contre l’absentéisme. Pour ce qui est du Sénégal, l’association franco-marocaine Be HAPPIH (Humanitarian Action for Protection and Preservation of Intimate Hygiene) a lancé une campagne de sensibilisation, de formation et de distribution en mai 2020. Aujourd’hui, de nombreux pays distribuent des kits de dignité.

Le Covid-19 a accéléré la déscolarisation des filles

La crise sanitaire que nous sommes en train de vivre n’a pas épargné l’éducation des filles.
Un rapport de l'UNESCO démontre que depuis 1995, 180 millions de filles de plus se sont inscrites dans l'enseignement primaire et secondaire. « Cependant, malgré une augmentation à tous les niveaux de l'éducation, les filles sont toujours plus susceptibles d’être exclues que les garçons et cette exclusion s’est accrue en raison de la pandémie actuelle ».

Ce constat est alarmant car, ces derniers mois, les filles se sont retrouvées mariées et mères beaucoup plus vite qu’à l’accoutumée. Les familles pauvres, le devenant encore plus avec la crise Covid-19, ont décidé de marier leur fille pour lutter contre la misère et sortir du foyer une bouche à nourrir. L’UNESCO est très préoccupée par le sujet car durant la crise Ebola qui a touché l’Afrique de l’Ouest, en 2014, les filles ont été fortement déscolarisées. « En Sierra Leone, les grossesses d’adolescentes ont augmenté jusqu’à 65 % dans certaines communautés pendant la crise Ebola. Une étude révèle que, pour la plupart des filles, cette augmentation était directement liée au fait de ne plus bénéficier de l’environnement protecteur assuré par les écoles. Beaucoup de ces filles ne sont jamais retournées en classe, principalement en raison d’une politique récemment révoquée qui interdisait aux filles enceintes d’aller à l’école. »

La fermeture de bon nombre d’établissements scolaires à travers le monde ne va donc pas dans le bon sens. France Culture écrit : « Les filles les plus touchées par cette non-scolarisation vivent en Afrique subsaharienne. Avec la crise liée au Covid-19, jusqu’à dix millions d’adolescentes scolarisées dans le secondaire risquent de ne pas retourner à l’école, d’après les estimations de l’UNESCO et 13 millions de jeunes filles pourraient être mariées en étant mineures dans les dix prochaines années avancent les associations ».

En Asie, de nombreux mariages d’enfants ont eu lieu. Le directeur de la campagne 1 Step 2 Stop Child Marriage, en Inde, Rolee Singh, a expliqué à l’AFP avoir vu "une augmentation des mariages de mineurs pendant le confinement. Le chômage se généralise, les familles peinent à joindre les deux bouts et pensent qu’il vaut mieux marier leurs filles ».

Depuis des décennies, de nombreuses actions sont menées afin de réduire les écarts d’éducation entre les hommes et les femmes. Malheureusement, bien qu’il y ait eu de nombreuses avancées, la crise sanitaire Covid-19 vient tout remettre en cause. Pour l’ONG Girls Not Brides, les progrès de la dernière décennie pourraient être remis en cause. Le combat continue donc et est relancé par l’actualité…

 

Photo by Abubakar Balogun on Unsplash

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