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À 18 h 30, vous avez déjà donné tout ce que vous aviez : il reste le dîner à préparer, le bain à gérer… et évidemment, les devoirs. Et si, cette fois, le cahier de maths pouvait rester ouvert sans déclencher la troisième guerre mondiale ?
Après une journée d’école, les devoirs peuvent rapidement devenir le moment le plus tendu de la soirée. L’enfant est fatigué, le parent aussi, et le simple fait de prononcer les mots « Il faut faire les devoirs » peut parfois suffire à déclencher un « J’ai pas envie ! ». Bref, c’est le début de la soupe à la grimace.
Quand on élève seul ses enfants, la situation peut être encore plus difficile à gérer : il faut parfois préparer le repas, répondre à un mail professionnel, lancer une machine et accompagner son enfant dans ses exercices… tout cela avec une patience qui n’est pas infinie. Pourtant, les devoirs ne sont pas forcément condamnés à finir dans les cris. Quelques réflexes simples peuvent permettre de rendre ce moment plus serein, sans chercher à obtenir une concentration parfaite.
Après plusieurs heures passées à l’école, certains enfants ont besoin d’un véritable sas de décompression avant de se remettre au travail. Pour eux, enchaîner directement cartable et cahiers peut être compliqué. Un goûter, quelques minutes de jeu ou simplement un moment pour raconter sa journée peuvent aider à faire la transition.
« Pendant longtemps, je rentrais dans la maison et je lui disais directement : ‘Allez, on fait les devoirs’. Forcément, elle râlait. J’avais l’impression qu’elle ne voulait jamais travailler. Puis j’ai commencé à lui laisser vingt minutes pour goûter et jouer. Ça a changé complètement l’ambiance », raconte ainsi Claire, maman d’une fille de 8 ans.
Il n’existe pas forcément un moment idéal pour tous les enfants. Certains préfèrent faire leurs devoirs immédiatement, d’autres ont besoin de décompresser. L’important est surtout d’installer un rythme prévisible. Les spécialistes recommandent d’ailleurs d’adapter la routine aux besoins de l’enfant plutôt que d’imposer systématiquement le même fonctionnement à tous.
Le problème n’est parfois pas le devoir lui-même, mais tout ce qui précède. « Tu vas les faire quand ? », « Tu as des devoirs ? », « Tu as sorti ton cahier ? », « Allez, dépêche-toi… » À force de répéter ces phrases, le parent peut avoir l’impression de passer sa soirée à courir après son enfant.
Un rituel peut justement permettre de limiter ces discussions. Goûter, cartable, installation, devoirs : lorsque les étapes sont toujours à peu près les mêmes, l’enfant sait ce qui va se passer.
« Chez nous, je préparais les devoirs de mon fils de 8 ans comme si je lançais une négociation à chaque fois. Maintenant, je lui dis simplement : ‘Après le goûter, on s’installe’. Il sait que ce n’est pas une discussion. Et moi, ça m’évite de répéter vingt fois la même chose », témoigne Sophie, maman solo de deux enfants.
Cette régularité ne signifie pas rigidité. Il y aura toujours des journées où l’enfant sera plus fatigué ou aura besoin de davantage de temps. Mais un cadre connu peut réduire les conflits autour du démarrage des devoirs.
Une fois l’enfant installé, il peut être tentant de rester à côté de lui pour vérifier chaque exercice. Pourtant, accompagner ne signifie pas forcément surveiller en permanence. L’objectif est progressivement de permettre à l’enfant de faire seul ce dont il est capable.
« Quand mon fils bloquait sur un exercice, je voulais tout de suite lui expliquer. Au final, je faisais presque ses devoirs à sa place et je m’énervais parce qu’il ne comprenait toujours pas. Maintenant, je lui demande d’abord : ‘Qu’est-ce que tu as compris ?’ Ça change complètement ma façon de l’aider », raconte Émilie, maman d’un garçon de 10 ans.
Le parent peut donc commencer par demander à l’enfant de relire la consigne, de dire ce qu’il comprend ou de montrer précisément où il bloque. Cela permet de l’aider sans prendre sa place.
Évidemment, il y a les jours où tout roule et ceux où le moindre exercice semble insurmontable. Après une journée particulièrement chargée, un enfant peut avoir beaucoup plus de mal à se concentrer. Et si le parent rentre lui-même épuisé du travail, la tension peut rapidement monter.
« Il y a des soirs où je sais que je vais m’énerver avant même qu’on ouvre le cahier. Lui est fatigué, moi aussi, et au bout de dix minutes, on est déjà en train de se disputer. J’ai appris à faire une pause plutôt que de m’acharner », raconte Marion, maman solo de deux enfants.
Lorsque la tension monte, quelques minutes de pause peuvent être plus efficaces que de poursuivre coûte que coûte. Se lever, boire un verre d’eau ou simplement changer de pièce quelques instants peut permettre à chacun de retrouver son calme. Les recommandations destinées aux parents soulignent également l’importance de ne pas laisser la séance de devoirs s’éterniser lorsque l’enfant est épuisé.
Sous l’effet de la fatigue, certaines phrases peuvent sortir plus vite qu’on ne le voudrait. Pourtant, elles risquent d’ajouter de la pression à un enfant qui rencontre déjà une difficulté.
Mieux vaut essayer de distinguer le problème scolaire du comportement de l’enfant. Un exercice mal compris ne signifie pas forcément qu’il ne veut pas travailler. Il peut simplement ne pas avoir compris la notion, être fatigué ou ne pas savoir comment s’y prendre.
« J’ai arrêté de lui dire qu’elle ne faisait pas d’efforts. Quand elle bloque, je lui demande maintenant ce qui lui paraît difficile. Parfois, elle me répond juste : ‘Je ne sais pas’. Et finalement, c’est là qu’on commence vraiment à travailler », raconte Julie, maman d’une fille de 9 ans.
Si les devoirs deviennent systématiquement une source de conflit ou si l’enfant rencontre des difficultés persistantes, il peut être utile d’en parler avec l’enseignant. Cela permet de comprendre si ce qui se passe à la maison correspond également à ce qui est observé en classe et d’éviter que le parent porte seul la responsabilité de la situation.
L’objectif n’est pas de supprimer toutes les frustrations. Il est de faire en sorte que les devoirs restent ce qu’ils sont : un temps de travail parmi d’autres, et non un rendez-vous quotidien qui abîme la relation entre parents et enfants.

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