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Séparation : 5 conflits entre parents que la médiation familiale peut aider à désamorcer

À l’occasion de la Semaine de la médiation, du 10 au 18 octobre, la médiation familiale peut aider les parents séparés à renouer le dialogue et à trouver des solutions dans l’intérêt de leur enfant. Le psychologue Pascal Anger nous explique dans quelles situations elle peut être utile.

Une séparation ne signifie pas nécessairement la fin des conflits. Lorsqu’un enfant est au cœur de l’histoire familiale, les parents doivent continuer à échanger, parfois alors même qu’ils ne souhaitent plus se parler. Mode de garde, pension alimentaire, déménagement, scolarité ou encore arrivée d’un nouveau conjoint : les sujets de désaccord peuvent être nombreux. « La médiation familiale permet de maintenir le dialogue au moment où on en a le moins envie », explique le psychologue Pascal Anger.

Lorsque les échanges sont bloqués, la médiation propose « un espace neutre et sécurisé où chacun peut exprimer ses ressentis et explorer des solutions ». Le médiateur est avant tout un facilitateur : il n’est « ni juge, ni arbitre, ni conseiller ». Son rôle est d’aider les parents à trouver eux-mêmes des accords qui prennent en compte les besoins de chacun. Voici cinq situations dans lesquelles elle peut être utile.

1. Quand les parents ne sont pas d’accord sur le mode de garde

Garde alternée, résidence principale chez l’un des parents, organisation des vacances… Le choix du mode de garde peut devenir une importante source de conflit après une séparation.

La médiation permet de mettre les différentes possibilités sur la table sans chercher à imposer une solution. « On peut explorer différents modes de garde et revenir en parler, puis dire ce qui nous convient », explique Pascal Anger. Le processus doit permettre aux parents de prendre une décision ensemble, en tenant compte de leurs contraintes respectives et surtout des besoins de l’enfant. « La médiation permet de restaurer la communication et d’accompagner la prise de décision », résume le psychologue.

2. Quand l’un des parents déménage

Un changement de domicile peut bouleverser l’organisation mise en place depuis la séparation. Distance entre les deux logements, trajets pour l’école, week-ends ou vacances : un déménagement peut rapidement devenir une nouvelle source de tensions. « On peut parler de tous les points concrets autour de la séparation », rappelle Pascal Anger. La médiation peut notamment être intéressante lorsque l’un des parents s’éloigne géographiquement, mais aussi lorsque l’enfant grandit et que son organisation d’hébergement doit évoluer. L’objectif est alors de rechercher ensemble « des solutions adaptées aux besoins de chacun », plutôt que de laisser le conflit s’installer.

3. Quand la pension alimentaire devient un sujet de conflit

Les questions financières peuvent également détériorer les relations entre deux parents séparés, notamment lorsqu’une pension alimentaire n’est pas versée ou lorsque chacun estime supporter une part trop importante des dépenses. La médiation peut permettre de remettre le dialogue au centre et de clarifier les difficultés de chacun. Elle ne consiste pas à déterminer qui a raison ou tort, mais à aider les parents à rechercher une solution acceptable. « C’est un processus de gestion des conflits puissant », explique Pascal Anger. En effet, elle a pour but « d’amener les parties à trouver par elles-mêmes des accords durables et acceptables qui prennent en compte les besoins de chacun ».

4. Quand l’un des parents a refait sa vie

L’arrivée d’un nouveau conjoint peut modifier les équilibres familiaux et raviver certaines tensions. Quelle place lui donner ? Comment organiser le quotidien ? Comment préserver la relation de l’enfant avec chacun de ses parents ? La situation peut être particulièrement compliquée lorsque les anciens partenaires ne parviennent plus à communiquer. « Le dispositif peut être intéressant pour des parents qui ne se parlent plus après, parce que l’un des parents a refait sa vie et qu’il faut amener un dialogue serein autour de cette nouvelle famille recomposée », souligne Pascal Anger. De fait, la médiation leur offre alors un cadre pour exprimer leurs ressentis et leurs besoins sans transformer chaque échange en nouveau conflit.

5. Quand les parents ne parviennent plus à s’entendre sur les décisions concernant leur enfant

Après une séparation, les décisions à prendre ensemble restent nombreuses : santé, scolarité, religion, activités extrascolaires ou encore organisation de l’hébergement. « Il est possible de rencontrer un médiateur familial avant un divorce ou une séparation pour une aide à la prise de décision, pendant la séparation pour travailler tous les points concrets de la séparation et dans l’intérêt de l’enfant », détaille Pascal Anger.

La médiation permet avant tout d’aborder des sujets parfois très sensibles dans un espace neutre. « On peut parler de la séparation des biens mobiliers, des biens immobiliers, de l’hébergement de l’enfant, de la religion, de la santé, de la scolarité, de la place des grands-parents ou des activités extrascolaires avec son médiateur. Il est un intermédiaire essentiel dans les séparations », énumère le psychologue.

La médiation familiale repose sur une démarche volontaire et se déroule généralement sur quelques séances. « Il est possible d’arrêter les séances à tout moment », précise Pascal Anger. Il n’y a aucune obligation. Si les parents parviennent à un accord, ils peuvent formaliser leurs décisions dans un protocole qui pourra être remis au juge aux affaires familiales, lequel pourra éventuellement l’homologuer.

Le coût dépend notamment du lieu où la médiation est réalisée. Dans les associations, il est calculé selon un barème lié au quotient familial de la CAF et peut aller de 2 à 130 euros. En cabinet libéral, Pascal Anger évoque environ 100 euros par séance.

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