Dorothée, maman solo, jongle entre handicaps, créativité et quotidien bien rempli.

Caroline habite à côté de Dunkerque. Elle est assistante maternelle et maman de cinq enfants qui ont entre 20 et 30 ans. À l’aube de ses soixante ans, elle raconte, son courage en bandoulière, son quotidien de mère célibataire et de nounou.
Tout d’abord, on ne choisit pas une séparation. Il me semble que personne ne fait des enfants pour les élever seul, ou alors une infime minorité de gens, donc lorsque la séparation arrive, c’est un choc. Personnellement, je l’ai subie, mais il s’agissait de ma survie puisqu’il y avait dans mon foyer des violences physiques et verbales. Sans rentrer dans les détails, il y a eu un événement dramatique qui a précipité ma séparation. J’en ai aussi perdu mon travail. Ça a été dramatique. Mes enfants sont nés du même papa donc je pensais fonder une famille traditionnelle. Je n’ai pas fait des enfants sur un coup de tête, mais je les ai imaginés comme un projet. Je n’ai pas un tempérament faible et il y a des choses sur lesquelles je ne transige pas. Je prends des décisions vite pour ne pas me poser mille questions. À ce moment-là, il fallait se séparer.
Non, ça prend du temps. C’est comme un processus de deuil, on passe par plusieurs phases. Il a fallu apprivoiser la solitude, parfois aller jusqu’au fond du gouffre et remonter. Il faut prendre le temps de réfléchir et ne pas passer à côté de la douleur. Il ne faut rien négliger, ni se lamenter.
J’avoue que je ne sais pas d’où m’est venue cette force. J’ai pris le taureau par les cornes. J’avais peur qu’on me retire mes enfants. Pour moi, c’était hors de question donc j’ai avancé comme j’ai pu. Je suis devenue une lionne. J’ai protégé mes enfants avant tout. Je me suis battue pour mes convictions et la protection de mes enfants. On trouve toujours un autre chemin. Je me suis battue contre mon ex-mari, devant le tribunal, ça n’a pas été simple. Sur le coup, je n’ai pas voulu impliquer ma famille donc je n’avais pas de relais pour souffler avec les enfants. J’avais perdu mon boulot donc je me suis consacrée à nous sortir de là, unis, et à nous réveiller tous les matins dans la joie de vivre.
Peut-être que si j’avais été seule je serais restée seule chez moi, mais là, je devais emmener mes enfants à l’école, continuer à leur faire vivre leur vie sociale… Ce n’était pas simple, mais ils en ont sorti une force. Mon aînée de 30 ans en est plus solide et plus forte aujourd’hui. Elle me dit souvent que je suis son exemple.
Oui tout à fait. J’ai commencé deux ans avant la naissance de mon dernier fils. J’ai arrêté pendant cette période douloureuse. J’ai été suspendue par le Conseil général, j’ai perdu mon agrément au vu de ce qu’il se passait dans mon foyer. J’ai eu une suspension de quatre mois. Ensuite, je suis passée en commission et j’ai récupéré mon agrément. Je n’ai pas retrouvé de contrats de suite, mais j’ai repris le travail grâce à une opportunité lorsque j’ai remplacé une assistante maternelle enceinte. Ensuite, tout s’est enchaîné.
Je fais un métier que j’aime, donc ça fait forcément du bien. Je n’étais pas aussi passionnée que je le suis aujourd’hui, mais je savais que j’avais ma place et que professionnellement parlant je faisais bien mon boulot.
Pour moi, c’est un bonheur absolu, cette innocence de l’enfance. Les enfants ne demandent qu’à être épaulés, guidés, applaudis, encouragés. J’ai essayé de reprendre mon ancien boulot de secrétaire, mais non. Je ne ferai rien d’autre qu’assistante maternelle. Je suis performante dans ce que je fais. Je suis épanouie. Je me demande juste si je pourrai faire ce travail jusqu’à l’âge de la retraite parce que c’est physique. Je m’interroge sur une potentielle alternative. Entre être assise derrière un bureau toute la journée et courir derrière les enfants, il y a un monde. Je me demande comment je vieillirai.
J’ai mis en place toute une organisation. Physiquement, je ne tenais plus, après 21 heures je dormais. Je ne mangeais pas forcément le soir. Il y a eu des moments bien plus compliqués que d’autres, par exemple, quand une de mes filles a fait une dépression juvénile. Elle ne me parle plus aujourd’hui.
J’avais des copines au moment de ma séparation. Grâce à elles, j’ai repris goût à la vie. J’ai vécu une belle histoire avec un homme. J’avais trouvé un équilibre, mais cette relation s’est estompée au moment de la dépression de ma fille car j’en ai vraiment bavé et mon ami a mal vécu mon implication. Il voulait sa part de vie d’homme et que je vive pleinement ma vie de femme. Mes envies passaient parfois au second plan. Ça dépendait des moments. Aujourd’hui, mon dernier fils va partir et dans un mois je serai seule. Vieillir « seule » me fait peur. Il y aura forcément des jours avec et des jours sans.
Honnêtement, il y a des jours, ce n’est pas top. On ne peut pas dire que c’est une fatalité. Après, je pense être une femme épanouie. Je ne me plains pas car ma famille est solaire. Les gens autour de moi prennent les choses à bras-le-corps. On a tous une charge émotionnelle et un tempérament, mais le plus important c’est de laisser venir les émotions et de les gérer.

Dorothée, maman solo, jongle entre handicaps, créativité et quotidien bien rempli.
Le binôme Lydie et Myriam fait grandir les enfants du village avec passion.
Fabienne, maman sourde et battante, élève seule ses enfants avec force, amour et courage.
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