Sophie Ruffieux, dessinatrice et maman solo, raconte son parcours en bandes dessinées.

Dodo, vie en collectivité, pleurs, bébés mordeurs… Immersion au cœur d’une crèche
Elles ont dédié leur vie à celle des enfants. En effet, Lydie Ribet, responsable du relais petite enfance et éducatrice de jeunes enfants à Bruguières (Haute-Garonne), ainsi que Myriam Revellat, directrice de la structure crèche de la commune et puéricultrice de formation, travaillent en binôme pour assurer l’accueil en collectivité des enfants du village. Elles nous racontent leur quotidien aussi mouvementé que joyeux.
Myriam. On est une vraie équipe. En crèche, il y a toujours un projet pédagogique qui encadre l’accueil des enfants. C’est ce projet qui détermine notre organisation en tant qu’encadrantes. En ce qui concerne la crèche de Bruguières, nous avons un agrément pour vingt-quatre enfants. Dans le secteur des bébés, nous disposons de dix places, et dans le secteur des moyens-grands, de quatorze places. Il n’y a pas une référente attitrée pour chaque enfant, sauf pour les semaines d’adaptation.
Lydie. Tout à fait. Il y a des référentes dédiées aux deux secteurs afin d’assurer une continuité dans le lien avec les enfants et les familles. Il y a trois personnes pour les bébés et trois personnes pour les moyens-grands sur la journée.
Myriam. On a une professionnelle volante qui peut remplacer ses collègues en cas de congés, RTT ou maladie. C’est la seule professionnelle qui travaille dans les deux secteurs d’enfants. Mon adjointe et moi-même effectuons aussi des remplacements quand cela est nécessaire.
Myriam. Il y a des activités prévues quotidiennement pour éviter que les enfants soient trop souvent en groupe. On a beaucoup de rituels, de jeux libres et d’activités afin que chacun arrive à trouver sa place. Il ne suffit pas de sortir un jeu et de les laisser faire. Il faut être présente, être assise avec eux. Travailler en crèche, ce n’est pas assurer seulement une présence physique. C’est important d’être disponible et à leur écoute. L’équipe est très attentive aux besoins des enfants.
Lydie. On est là pour les éveiller, mais nous ne sommes pas l’école maternelle. Nous n’avons pas d’attentes particulières. Il faut qu’ils prennent du plaisir.
Myriam. Les professionnelles sont toujours deux ou trois sur le terrain, donc certaines sont là pour accueillir les enfants, donner leurs bras ou jouer. Après, il y a les doudous et les tétines qui sont importants pour ce moment de transition. Le soir aussi, la séparation n’est pas toujours facile. Nous connaissons bien les enfants et nous savons ce qui les aide à se détacher de leurs parents. Les enfants se découvrent dans des situations nouvelles. Il faut leur apprendre à les affronter de la façon la plus sereine possible. Il faut beaucoup communiquer et toujours mettre des mots sur un mal-être. Il faut verbaliser.
Lydie. Nous donnons aussi beaucoup de repères structurels aux enfants dans la journée.
Myriam. On ne cale pas les bébés sur le même rythme, sauf pour les enfants de deux ans puisque, dans un développement normal, ils font une grosse sieste en début d’après-midi. Tout-petits, on suit leur rythme. Bien entendu, ce sont des dortoirs qui regroupent cinq ou six bébés. Ils peuvent se réveiller les uns les autres. Il y a des bébés que le bruit ne gêne pas, et d’autres si. Dès que les enfants montrent des signes de sommeil, on les couche. On fait des couchers individuels, avec le risque qu’ils se réveillent mutuellement. On essaie d’être au plus près du rythme de l’enfant, comme pour les repas. On s’appuie beaucoup sur les parents.
Myriam. Il n’y a pas de temps mort dans un secteur de bébés. Chez les grands, il n’y a qu’une seule sieste, mais finalement c’est au moment de la pause déjeuner du personnel. Ensuite, il faut préparer le goûter et les activités. Après le coucher des enfants, il y a un nettoyage du secteur. En plus, il y a toujours une personne qui surveille les dormeurs dans le dortoir, donc on travaille en continu.
Lydie. Du fait de la diversité du personnel. Ils ont peur qu’une assistante maternelle ne s’entende pas avec leur enfant. Ils pensent qu’en crèche, il y aura toujours quelqu’un qui s’entendra avec leur petit. Mais en réalité, ça ne se passe jamais mal avec les nounous. Je ne connais pas une seule assistante maternelle qui m’a dit qu’elle n’aimait pas un enfant ou qu’elle voulait rompre un contrat. Toutes les familles, au départ, préfèrent le collectif. Et finalement, chaque année, beaucoup changent d’avis… mais quand elles ont enfin une place en crèche. C’est signe qu’il y a de la confiance, et que le système assistante maternelle convient bien aussi. Ce sont deux accueils complémentaires.
Myriam. Il faut avoir la passion de ce métier. On ne le fait pas par défaut. Ensuite, il faut beaucoup d’empathie et d’écoute. Ça fait 17 ans que je travaille en crèche et on apprend tous les jours à travers les enfants. Pas un jour ne se ressemble. Ils nous bousculent, ils nous obligent à réfléchir. On est en perpétuelle réflexion sur nos pratiques professionnelles.
Lydie. C’est un métier complet. Travailler en crèche, c’est accepter de passer huit heures dans le bruit, auprès des enfants, mais aussi de ses collègues. On se pose mille questions pour essayer de régler certaines situations. On se pose les mêmes questions que les parents finalement. Il nous faut donc de la souplesse.
Myriam. Bien sûr. Tout métier a ses contraintes et ses difficultés.
Lydie. Nous avons de la chance de travailler sur 39 heures et ainsi de bénéficier de RTT et de congés. Cela permet de se requinquer.
Myriam. Quand les parents sont mécontents, c’est souvent parce qu’il y a une incompréhension. Je les reçois, nous discutons, et finalement, il n’y a plus de souci.
Lydie. On explique parfois les limites de la collectivité. Parfois, on peut avoir un enfant qui tape toujours un même enfant. La famille a beau être patiente, elle peut penser qu’il y a un manque de vigilance. C’est à la direction de se justifier et de communiquer.
Myriam. Les enfants ont des pulsions, ce n’est pas une question de caractère. On garde des enfants de moins de 3 ans, ils découvrent tout. C’est normal qu’ils ne gèrent pas du jour au lendemain leurs émotions. Ils ne parlent pas encore, donc la communication passe à travers des gestes. Quand la parole arrive, les gestes agressifs peuvent diminuer. Ces pulsions sont tout à fait normales, il faut du temps pour qu’ils apprennent à se canaliser. Nous sommes là pour mettre des mots sur leurs gestes et les accompagner dans leur évolution.
Lydie. Ce sont des périodes ponctuelles, comme pour les bébés mordeurs. Il faut dédramatiser les choses.
Myriam. Un bébé n’a pas l’intention de faire mal, il faut le savoir.

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