Ces mères qui cumulent deux jobs pour faire vivre leur foyer

Heures de travail interminables, déplacements incessants, repos inexistants, ces mères célibataires enchaînent entre leur vie de maman et leurs doubles emplois. Faute de ressources financières suffisantes, elles subissent cette vie de labeur en silence.

« J’enchaîne des petits contrats, ce qui ne m’arrange pas du tout, mais j’ai du travail ; en revanche, je ne compte pas mes heures. » Telle est la cruelle réalité décrite par Lili Beth sur un groupe Facebook d’entraide entre mamans solos. Boucler les fins de mois est un casse-tête pour de nombreux foyers monoparentaux. Du côté des mères célibataires, qui jonglent entre horaires décalés, fatigue chronique et organisation millimétrée, le sujet financier est un stress énorme.

Pour joindre les deux bouts et, surtout, subvenir aux besoins de leur(s) enfant(s), certaines ont dû se résoudre à décrocher plusieurs emplois. En effet, de plus en plus de mères cumulent, aujourd’hui, deux jobs, dans un contexte de hausse du coût de la vie et de précarité grandissante. Globalement, près de 40 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté.

Les mères de la débrouille

Pour beaucoup de mères, un seul salaire ne suffit plus, même si elles reçoivent des aides (CAF, aides au logement) ou une pension alimentaire. Loyers en hausse, factures d’énergie, alimentation, frais liés aux enfants… Le budget familial est sous tension et géré au centime près. Et ne parlons pas des vacances ou des plaisirs qui ne trouvent pas de place dans l’économie du foyer.

« Avec mon premier emploi, je couvre à peine les charges fixes. Le deuxième job est indispensable pour finir le mois », confie Florine, mère de deux enfants de 9 et 7 ans, employée administrative le jour et serveuse le soir. « J’ai de la chance d’avoir ma mère près de moi, car elle garde mes enfants le soir lorsque je dois me rendre au bar pour travailler ; financièrement, je n’aurais pas pu me permettre de payer une babysitter à 10 euros de l’heure pour aller travailler. »

Deux emplois, une seule journée

Quand certaines n’ont pas la chance d’avoir un relais sur place, elles développent un second emploi en télétravail. C’est le cas de Marie qui commente sur Facebook : « Huit ans que je suis maman célibataire et financièrement, ça a toujours été un peu tendu… J’ai développé une activité en ligne à côté de mon travail principal, que je peux développer depuis la maison en étant présente pour mon fils ; ça nous a changé la vie. » Une activité professionnelle certes attrayante, mais Marie travaille plus de onze heures par jour entre son travail principal et son emploi annexe. Ses journées explosent et sa dette de sommeil est grandissante.

Pourtant, cette vie de labeur est une obligation pour ces mamans qui finissent souvent dans le rouge. Sur Facebook, Pacôme, maman d’un garçon de 6 ans, raconte : « Lors d’une séparation, les aides financières ne couvrent jamais la perte du salaire de l’autre. Il faut prendre un deuxième emploi et faire au mieux. Tout a augmenté. On a besoin d’habiller nos enfants, de les faire manger et quand on sait que la moindre paire de baskets coûte 30 euros, on ne s’en sort pas. »

Forcément, le quotidien de ces femmes ressemble souvent à une course contre la montre. Lever à l’aube, gestion des enfants, départ pour le travail principal en journée, puis retour à la maison pour le dîner et le coucher des enfants, pour enchaîner sur un second emploi en soirée ou le week-end. Le temps pour souffler n’existe pas. Cette vie use.

Une organisation millimétrée

« Je suis salariée, je travaille dans une école la journée et je suis auto-entrepreneuse en parallèle. Je fais des ménages tôt le matin ou tard le soir. Il n’y a pas vraiment de repos, mais je n’ai pas le choix », explique Nadia, mère célibataire de trois enfants de 7, 5 et 3 ans, en région parisienne. « Heureusement, mes enfants font leurs nuits. C’est ma voisine d’immeuble, mon amie, qui veille sur mes enfants pendant mes ménages. Ses enfants sont grands, ils sont adolescents, alors elle vient chez moi pour surveiller les miens quand ils dorment. Ils prennent ensuite le petit-déjeuner chez elle lorsqu’ils se réveillent. Elle me sauve la vie », avoue Nadia.

Pour tenir le rythme, l’organisation devient essentielle. Garde d’enfants, entraide familiale, plannings partagés… Tout est calculé. Mais cette logistique repose souvent sur les mères elles-mêmes, accentuant la charge mentale déjà bien présente et un sentiment de culpabilité : celui de ne pas être assez présentes pour leurs enfants.

Ces femmes font preuve d’une grande résilience. Le cumul de deux emplois reste peu mis en lumière. Beaucoup n’en parlent pas, par peur du jugement. « Je tiens pour mes enfants », commente Marie. « Je veux leur offrir une stabilité, même si ça me coûte beaucoup. » Des mères courage au quotidien.

Lire nos autres articles

Lire nos autres articles

© 2025 – Femmes-monoparentales.com

Crédits et mentions légales             Gestion des cookies             Sitemap

Contact

Département des Hauts-de-Seine
Institut des Hauts-de-Seine
57 rue des Longues Raies

92000 Nanterre
01 41 37 11 10

institut@hauts-de-seine.fr

© 2025 – Femmes-monoparentales.com

Contact

Département des Hauts-de-Seine
Institut des Hauts-de-Seine
57 rue des Longues Raies
92000 Nanterre
01 41 37 11 10
institut@hauts-de-seine.fr

© 2025 – Femmes-monoparentales.com