« Au delà des cultures et des situations, il existe une vraie solidarité entre les femmes.»

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Témoignages

Pascale :
Publié le 01 janvier 2021

Pascale : "Je voulais rester digne"

Pascale est aide-soignante, elle a 38 ans, deux enfants de 12 et 8 ans et vit à Bordeaux. Mariée à son amour de jeunesse, elle a vécu un véritable tsunami quand il est parti et pensait ne jamais s’en remettre. Mais la vie en a décidé autrement. Heureusement.

Vous avez été mariée pendant près de 15 ans mais aujourd’hui, vous êtes en pleine procédure de divorce. Que s’est-il passé dans votre vie?

J’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari pendant mes études. Ça a été un véritable coup de foudre. Il me semblait qu’on était heureux. La crise du Coronavirus est arrivée, m’obligeant à multiplier les heures supplémentaires au printemps dernier. Il y a même eu des soirs où je dormais à l’hôpital. Au bout d’un moment, mon mari m’a dit que ce n’était pas prudent que je rentre à la maison, que je pouvais contaminer ma famille. J’en ai parlé à l’une de mes collègues qui vivait seule. Elle m’a proposé de m’héberger le temps nécessaire et j’ai accepté. Je voyais mes enfants et mon mari par facetime. C’était très dur mais je sentais que j’avais leur soutien, qu’ils étaient fiers de moi. Ca m’a porté.

 

Le tableau familial semble idyllique. Que s’est-il passé?

Quand la situation s’est apaisée à l’hôpital, j’ai fait un test qui s’est avéré négatif. J’ai attendu deux semaines de plus et je suis enfin rentrée chez moi. J’étais tellement heureuse de les retrouver, de pouvoir les serrer dans mes bras. Les enfants étaient à l’école, mon mari était en télétravail. J’ai fantasmé nos retrouvailles. Et là, j’ai pris un buffet normand en pleine face !

 

C’est-à-dire?

J’avais laissé un mari amoureux, inquiet pour moi et j’ai retrouvé un glaçon. J’ai d’abord cru qu’il était angoissé par le virus, qu’il avait peur que je puisse lui transmettre quelque chose mais au bout de quelques jours, il a fallu que je perce l’abcès.

 

Que vous a-t-il dit?

Il a été magique : il m’a dit qu’il avait ressenti mon absence comme un abandon. Tous les soirs, il buvait un verre et fumait une cigarette au balcon. C’est comme ça qu’il a sympathisé avec notre voisine, une jeune étudiante de 20 ans auprès de qui il s’est longuement épanché sur sa situation de mari gérant ses enfants tout seul… Elle lui a proposé de lui filer un coup de main. Vous imaginez la suite…

 

Vous n’aviez remarqué aucun changement?

J’étais à des années lumière d’imaginer quoi que ce soit. C’était impensable. 

 

Comment avez-vous affronté la situation?

D’abord je l’ai viré de chez nous et après je me suis écroulée. Il a quand même poussé l’élégance jusqu’à s’installer dans l’appartement d’à côté, chez cette fameuse voisine. C’était d’une violence inouïe ! J’étais épuisée physiquement et moralement mais il fallait que je puise dans mes ressources, pour moi, pour mes enfants. Je voulais rester digne. Dans un premier temps, j’ai consulté un psy là où je travaille. Ma soeur est venue s’installer chez moi quelques temps pour m’aider au quotidien. Elle a été géniale. Je ne m’en serais pas sortie sans elle.

 

Comment vous sentez-vous aujourd’hui?

L’été a été salvateur. J’ai rechargé les batteries. J’avais loué une maison avec piscine dans les Landes, à une heure de Bordeaux. Mes parents sont venus, ils ont géré les enfants, m’ont soutenu autant qu’ils ont pu. J’ai eu des moments de vertige en pensant à ma vie désormais. Je n’avais tellement pas imaginé un tel scenario. Il a fallu repenser toute mon organisation. Avec mes horaires décalés, c’était vraiment compliqué et puis je ne pouvais pas assumer le loyer avec mon seul salaire. Mes parents m’ont proposé de m’aider financièrement aussi longtemps que j’en aurais besoin. C’est dingue non? Quand j’ai repris mi-août, c’était un peu bancal mais ça tenait. Et puis un jour, le père de mes enfants a demandé qu’on se reparle de tout ça, calmement. Il a tenté de faire son mea-culpa, m’a supplié de lui pardonner, de reprendre la vie commune. Etonnamment, ça ne m’a rien fait. Je ne voyais plus l’homme que j’ai aimé mais un type assez minable finalement. J’ai décidé de ne pas lui faire la guerre pour l’équilibre de nos enfants mais si je m’écoutais, ce serait une boucherie ! 

 

Il vivait toujours chez la « voisine » à ce moment-là?

Et non et c’est là tout le sel de l’histoire. J’ai croisé cette fille avec qui il m’a trompée en rentrant de vacances, c’était très gênant. Elle a tenu à me dire qu’elle avait rompu le jour où elle a compris que mon ex lui avait menti. Il lui avait raconté que j’étais partie avec un médecin de l’hôpital en pleine crise du Covid et que c’était pour ça que je n’étais plus à la maison. Du coup, je l’ai invitée à boire un verre et je l’ai trouvée hyper sympa. C’est elle qui s’occupe des enfants quand je travaille. Quant à mon ex mari, il rase les murs quand il vient. J’avoue que ça me fait marrer. Je n’en reviens pas d’avoir pu aussi vite le considérer comme un étranger et ne plus rien ressentir pour lui. Je crois que le choc a été si violent que ça a tué mes sentiments pour lui.

 

 

Photo by Nathan Dumlao on Unsplash

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