« Au delà des cultures et des situations, il existe une vraie solidarité entre les femmes.»

Simone Veil - Conférence du Caire 1994
Conseil général des Hauts-de-Seine

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Témoignages

Sophie :
Publié le 27 juillet 2017

Sophie : "Il y a tellement plus grave"

« Il y a tellement plus grave », Sophie ne cesse de le répéter, sourire aux lèvres ! Pourtant cette jeune quadra n'a pas été épargnée par les difficultés, élevant seule à Bagneux ses 4 jeunes enfants issus de deux unions et d'un couple mixte.

Sophie, vous avez quitté votre mari il y a 8 ans alors que vous démarriez tout juste votre 4ème grossesse, vos autres enfants étant particulièrement jeunes et rapprochés (1 ans, 2 ans et 9 ans), on imagine les difficultés inhérentes à cette décision. Dans quel contexte l'avez-vous prise ?

Après avoir vécu en Tunisie nous sommes revenus en France en raison de mes problèmes de santé. Là mon mari a eu du mal à s'adapter, il est devenu très irresponsable et particulièrement dans le domaine financier, dépensant l'argent avant de l'avoir encaissé ... donc plutôt que de me retrouver  à la rue, j'ai pris la décision de la séparation contre son gré.

 

Quelles ont été vos premières difficultés ?

Sa réaction assez violente, le commissariat m'a aidé à ce qu'il parte de la maison ; et n'ayant pas fait le nécessaire pour prendre en charge financièrement les enfants, il a seulement obtenu des droits de visite. Elles ont donc lieu chez moi et en ma  présence. Le chemin parcouru a été usant, fait de rebonds successifs car il revenait parfois à la maison suite à ses déboires financiers.

Puis une enquête sociale a été diligentée  à mon égard ! Sur mon lieu de travail à  la crèche, on ne comprenait pas pourquoi, sur le point d'accoucher seule de mon 4ème enfant et sans mon mari, je me portais bien ! J'ai été aidée par les services sociaux pour démontrer que c'était une décision de sauvetage pour mes enfants, telle une mère louve.

 

Comment les avez-vous surmontées ?

Je me suis tournée vers la Croix Rouge qui a été d'un énorme soutien avec son espace Bébé Maman ! Elles m'ont donné un coup de pouce extraordinaire. J'y ai trouvé un accueil inconditionnel, un lieu d'écoute et d'échange, et différents ateliers dont un atelier beauté pour reprendre confiance en soi. C'était une respiration, une bouffée d'oxygène dans ma vie de maman solo.     

Mon autre appui a été mes parents, ils sont exemplaires, présents tous les jours. Je les remercie tous les matins de pouvoir partir travailler. Sans eux je ne pourrai pas payer quelqu'un pour aller les chercher  à l'école, gérer les devoirs, les emmener en vacances...

 

Votre travail semble avoir été aussi salvateur ?

Oui, tout en continuant  à faire du bénévolat chez eux pour voir du monde, j'ai repris le travail quand ma dernière a eu 3 ans et cela m'a sauvé, j'ai eu la chance de trouver un poste fixe, je  suis coordinatrice de programme de formations dans un institut. J'ai pris  conscience que travailler est un luxe. Le mien étant d'avoir enfin une vie sociale alors que je sortais d'un congé parental non choisi de 6 ans. En tant que maman seule avec un unique salaire pour gérer 5 personnes, je ne peux pas m'offrir une baby-sitter pour sortir ! Donc ma vie sociale se résume aux personnes que je vois au travail.

 

Vous semblez épanouie, votre tempérament y est pour beaucoup ?

Bien-sûr je le suis, il y a tellement plus dur ! J'ai un toit satisfaisant au-dessus de ma tête, de quoi manger dans nos assiettes (ce qui n'a pas toujours été le cas), des enfants en bonne santé et un job qui me convient. Cela suffit  à me réjouir. Je suis donc heureuse même si il y a des choses à améliorer comme tout le monde, mais heureusement qu'on a des buts à atteindre !

 

Vous avez acquis une certaine philosophie de la vie, un regard nouveau !

On a été bercé dans l'idée du modèle de la famille unie pour la vie entière, aujourd'hui c'est révolu et il faut savoir s'adapter à ces évolutions. Je dirai également que malgré ce qu'on veut nous faire croire, la mère est le pilier de la famille, donc on doit être solide, on n'a pas le choix. Je n'ai pas le droit d'être malade, et d'ailleurs je le suis dès qu'ils sont partis. Ce qui prouve que même inconsciemment on se bat tous les jours pour que la machine continue  à avancer. Et puis je dois me battre car mes enfants n'ont pas choisi la vie que je leur impose et notre rôle de mère est d'aller contre cela et de leur donner le maximum pour qu'ils s'en sortent. Je fais des choix qui ne vont pas dans le sens de mon propre intérêt mais qui sont orientés vers le bien être de mes enfants, c'est bien et je poursuis dans cette voie !

 

Votre relecture de ce chemin parcouru ?

Avec le recul, je ne retire aucune fierté de la façon dont j'ai géré ces 8 années, car je n'ai rien fait d'extraordinaire sauf faire ce que j'avais  à faire en tant que maman : pas de papa on gère !  

 

Sophie en 14 questions

 

1. Le principal trait de mon caractère.  Sociable

2. La qualité que je préfère chez un homme.   Sécurisant

3.  La qualité que je préfère chez une femme.    La bienveillance

4. L'image que j'aimerai  refléter.   Une mère épanouie                     

5. Votre mot préféré.  Carabistouille

6. Le mot que vous détestez.   Racisme

7. Votre passe-temps favori.  Cuisiner

8. Le métier que vous n'auriez pas aimé faire.  Policier

9. La plante, l'arbre ou l'animal dans lequel vous aimeriez être réincarné.     Le cheval

10. Mon rêve de bonheur.   Une grande maison avec un jardin

11. Une personne qui m'a marquée.    Emmanuelle Laborit

12. Ce que qui vous révolte.   La pauvreté

13. Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence.   Le mensonge par omission

14. Ma devise.   Garder le sourire

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