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Santé

Veiller à sa santé mentale
Publié le 12 mai 2021

Veiller à sa santé mentale

Depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de patients souffrant de troubles de santé mentale a augmenté. Ayda Apkaryan, psychologue à Sarcelles, apporte son éclairage et son analyse sur une situation hors-norme. 

Quentend-on généralement pas « santé mentale »?

Tout dépend de quel point de vue on se place. Notre rôle, en tant que professionnel, est d’accompagner, soutenir et aider à solutionner les patients en souffrance psychologique. Dans les magazines, la santé mentale regroupe plutôt des notions de bien-être, de conseils, de rééquilibrage… Dans l’imaginaire collectif, dès l’instant où on associe le terme « mental » à un trouble, on est sur des représentations ancestrales. Pour schématiser, ce qui vient à l’esprit spontanément c’est la folie telle la schizophrénie, la démence ou la bipolarité. Il faut bien sûr, l’aide d’un professionnel pour poser un diagnostic et éviter les raccourcis.

 

Quelles sont vos recommandations pour préserver sa santé mentale?

Il me semble important, surtout dans la période que nous traversons, de maintenir un lien social. Cette crise est totalement inédite pour nous. On a appris à s’adapter, à innover, notamment en utilisant les moyens de communication modernes à notre portée. L’essentiel est de ne pas se murer en soi, d’échanger, oser parler et demander de l’aide si nécessaire.

 

Quels sont les symptômes dune santé mentale défaillante ?

Il faut être attentif aux changements de comportement. Quand on ressent une baisse de moral, que l’on fait les choses en pilotage automatique, sans entrain, quand il n’y a pas d’élan de vie, quand on est en dissociation… ces comportements doivent mettre la puce à l’oreille. Cela peut se traduire par une forme d’agressivité latente, des angoisses inexpliquées, un sentiment d’être ailleurs… Dans certains cas, cela passe aussi par des troubles du sommeil ou des troubles alimentaires persistants. Une grande partie du travail consiste, ensuite, pour le thérapeute à aider le patient à repérer ces variations et trouver des leviers ensemble pour reconnecter à ses émotions.

 

Quelles démarches effectuer si lon se retrouve dans lun de ces comportements?

On commence par en parler avec son médecin traitant qui, en fonction du diagnostic qu’il pose, va orienter le patient sur une solution médicamenteuse ou un travail psychologique, voire psychanalytique ou psychiatrique. Il y a d’autres alternatives et je pense notamment aux médecines douces, à la médecine chinoise, la sophrologie, l’hypnose, la méditation, le yoga, le sport en général. Se ressourcer dans la nature, marcher, c’est très thérapeutique. En revanche, si on ne peut pas gérer seul et que l’état perdure, il ne faut pas hésiter à retourner voir son médecin pour trouver une solution plus adaptée.

 

Avez-vous observé une augmentation significatives des troubles mentaux depuis le début de la crise?

Je dirais qu’il y a une réelle crise du moi chez le sujet et cela à tout âge. La recrudescence des demandes de consultation en est une traduction. C’est inédit, dans notre profession, d’avoir nos agendas bouclés à ce point. On constate beaucoup de crises d’angoisse, de phobies, des idées noires, parfois suicidaires surtout chez les patients les plus jeunes, en raison d’un climat d’insécurité dans lequel il est difficile pour tous de se projeter dans l’avenir.

 

Le confinement a-t-il sa part de responsabilité dans ces états?

Oui parce que le confinement est un recentrage brutal où le moi du sujet n’a plus d’échappatoire pour s’aérer. Personne n’était préparé à cela. Il a fallu affronter des situations éprouvantes comme la difficulté d’accompagner dignement une personne mourante, les deuils post-COVID sont plus lourds à porter, les sujets âgés ont énormément souffert d’être loin de leur famille, sans contact physique… tout cela bouscule les protocoles de fin de vie. Chez les plus jeunes, on perçoit une grande fragilité due à la culpabilité d’avoir peut-être contaminé des proches. Il y a eu davantage de décrochage scolaire, plus d’inquiétude, des problèmes de concentration, de démotivation… Pour les parents, coincés entre leurs ainés et leurs enfants, c’est une situation qui engendre un réel épuisement. D’une manière générale, cette crise a fait ressortir les structures psychologiques de chacun. C’est à la fois un amplificateur et un révélateur.

 

Comme nombre de vos confrères, vous êtes passée à la consultation en visio. Quen pensez-vous?

C’est une force de pouvoir s’adapter, d’être capable de maintenir le suivi avec mes patients. 70% d’entre eux ont adhéré à ce cadre. Pour les 30% restants qui n’ont pas pu ou pas voulu rejoindre ce dispositif, je les ai trouvés pour certains plus en détresse après.

 

Vous avez aussi subi cette crise. Comment rester dans le cadre professionnel tout en gérant ses propres angoisses?

Ca n’a pas toujours été simple. Nous ne sommes pas tout-puissants et nous avons aussi été mobilisés professionnellement face à l’urgence de la crise sanitaire et touchés personnellement. Par moment, j’ai senti que je ne pouvais pas assurer le cadre. Dans ce cas, je prévenais mes patients. C’est une question de responsabilité et d’honnêteté.

 

 

Santé Publique France a rencencé sur son site internet tous les conseils, contacts et sites de référence pour guider toutes les personnes qui auraient besoin d'un suivi, d'une aide ou d'une simple orientation pour prendre soin de leur santé mentale. N'hésitez pas à vous y rendre si vous ou vos enfants en ressentez le besoin !

 

 

Photo by Priscilla Du Preez on Unsplash

 

 

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